LE MERCURE EST UN PERTURBATEUR ENDOCRINIEN

Les effets endocriniens du mercure sur les humains et la vie sauvage
Le mercure (Hg) est bien étudié ; la recherche se poursuit faisant croître nos connaissances sur ses dangers pour la santé.
Un domaine de recherche en pleine expansion, encore insuffisamment exploré à ce jour, concerne les effets endocriniens du mercure. Cette compilation résume la littérature existante sur les effets du Hg sur le système endocrinien et identifie des lacunes dans les connaissances. Elle se concentre sur les systèmes thyroïdien, adrénergique et reproducteur, incluant l’accumulation de Hg dans le système endocrinien, les différences liées au sexe liées à une exposition au Hg, les effets reproducteurs chez les animaux mâles et les femelles y compris chez les humains, et les effets du Hg sur la thyroïde et le système adrénergique.

Notre conclusion est qu’il existe 5 mécanismes principaux liés aux effets endocriniens du Hg sur ces systèmes: (a) accumulation dans le système endocrinien ; (b) cytotoxicité spécifique sur les tissus endocriniens ; (c) modification des concentrations hormonales ; (d) interactions avec les hormones sexuelles ; (e) régulation positive ou négative d’enzymes (càd stimulant ou inhibant la sécrétion d’enzymes) intervenant dans les étapes de synthèse des stéroïdes.

Des recommandations sont développées, portant sur des domaines clés de recherche permettant de mieux comprendre les effets endocriniens du Hg pouvant affecter la santé humaine et la vie sauvage, y compris le niveau d’information de base en biologie disponible sur le Hg et les espèces sauvages, l’exploration du rôle du Hg en présence d’autres facteurs de stress et de molécules chimiques, la compréhension d’effets délétères par l’action sublétale et indirecte du Hg, le développement de meilleures méthodes pour extrapoler les effets à d’autres espèces, et la compréhension des effets d’une exposition au Hg sur des systèmes à multiples organes chez l’animal.

Une meilleure prise en compte, dans les études épidémiologiques, des cibles endocrines chez les humains et les animaux permettra de faire avancer la recherche dans ce domaine.

Commentaires de Namd
L’avancée des connaissances dans ce domaine des effets perturbateurs endocriniens du Hg (comme dans ceux du plomb) va permettre de mieux comprendre les mécanismes d’action de ce métal, notamment sur le système reproducteur (reprotoxicité) et sur la thyroïde.

Ainsi, on sait par exemple que la concentration en mercure inorganique du sang du cordon ombilical est inversement corrélée à sa concentration en hormone thyroïdienne (thyroxine) (Takser et coll, 2005), et qu’un faible taux de thyroxine dans le cerveau de l’embryon puis du fœtus peut perturber le développement du cerveau et être à l’origine d’un syndrome autistique (Roman, 2007). On sait aussi que les fœtus masculins sont beaucoup plus sensibles au mercure que les fœtus féminins et ont plus de risque d’autisme, en raison des effets synergiques de la testostérone et du mercure.

Mais les connaissances sur les mécanismes d’action intimes sont encore parcellaires. Par quels mécanismes le mercure altère-t-il la fertilité ? Sachant que le mercure issu des amalgames s’accumule dans l’hypophyse, petite glande endocrine située à la base du cerveau et fabriquant (entre autres) des stimulines (FSH, LH et TSH) qui agissent sur les glandes reproductrices et la thyroïde, quelles peuvent être les conséquences de cette accumulation ? L’exposition au mercure pourrait-elle expliquer en partie l’augmentation des anomalies génitales (hypospadias, petit pénis…) observées chez le petit garçon ? Cette exposition très précoce pourrait-elle contribuer à l’accroissement phénoménal des cancers hormono-dépendants, comme celui du sein ?

Autant de questions encore sans réponse, mais qui, à l’aune des capacités de perturbation endocrinienne du mercure, ne peuvent plus apparaître comme farfelues.

Les connaissances avançant, il apparaît urgent, avant la mise en place d’hypothétiques études épidémiologiques, d’abaisser drastiquement l’exposition de la population au mercure, métal neurotoxique, reprotoxique, immunotoxique, et … perturbateur endocrinien.


Référence
Tan SW, Meiller JC, Mahaffey KR. Crit Rev Toxicol. 2009;39(3):228-69.
www.non-au-mercure-dentaire.org/actualites-non-au-mercure.php?article=104