1) Introduction
L’action des CEM (Champs
électromagnétiques) sur le cerveau humain est
actuellement démontrée et
les opérateurs eux-mêmes conviennent au niveau des
téléphones portables qu’il y a des
phénomènes
biologiques indiscutables qu’ils essayent bien sûr
de minorer(14) Alors on se rabat sur
"l’absolue innocuité des
téléphones portables " sachant que les accrocs au
portable continueront
leur psittacisme téléphonique alors que des gens
nombreux qui ne possèdent même pas de portables
vivront 24 heures sur 24 avec en quelque sorte au-dessus de la
tête un téléphone dont on
connaît l’action
du rayonnement sur la barrière hémato
encéphalique et par conséquent sur les fonctions
cérébrales
(6) (7)
L’intégrité d’un organisme vivant nécessite l’activité coordonnée des cellules qui le composent. Cette coordination est assurée par des mécanismes de communication intercellulaire impliquant soit des cellules de mêmes tissu soit des cellules éloignées appartenant à des tissus différents(5).
Au siècle de l’informatique on peut dire que le cerveau est à la fois le processeur et la mémoire vive; d’où sa fragilité et par simple logique on admet que les CEM peuvent interférer sur le système cérébral autant que sur les systèmes électroniques des avions et des appareils médicaux, ce qui a nécessité l’interdiction de ces appareils en fonctionnement dans les avions et les services hospitaliers en raison de leur action.
2) Rappels physiologiques
La communication intercellulaire est assurée par deux grands
systèmes : le système hormonal et le
système nerveux transmettant les informations au moyen de ce
que l’on appelle l’influx nerveux.
Ces deux systèmes sont étroitement
liés (contrôle hypothalamique des
sécrétions humorales) et la
distinction entre les deux systèmes peut être
arbitraire (neurones sécrétoires de
l’hypothalamus, ADH,
Ocytocyne).
L’unité fonctionnelle du système nerveux est le neurone, cellule reponsable de l’émission et de la propagation des messages. Sa membrane est composée principalement de phospholipides et de protéines. Cette cellule transmet et propage les informations qu’elle reçoit, propriétés liées aux protéines de la membrane qui laissent passer l’influx nerveux et les neurotransmetteurs. Le Neurone a aussi le pouvoir de sécréter ces dernières substances, cette sécrétion se focalise sur les cellules nerveuses avec lesquelles le neurone est connecté et se fait au niveau des synapses. Ces cellules ont une vie très longue et ne se reproduisent pas, elles ont un métabolisme très rapide qui nécessite un apport en oxygène et en glucose important d’où le danger d’anoxie cérébrale entraînant la mort du cerveau en quelques minutes.
Le neurone comprend : Le Corps cellulaire avec son noyau et son cytoplasme de forme variée qui fait distinguer les cellules de Purkinje, les moto-neurones de la moelle et les cellules du cortex. Il présente des prolongements qui permettent les contacts avec d’autres neurones. L’axone ne peut contrairement au soma assurer sa propre synthèse protéique.
La synapse : La synapse est l’aire de connexion entre les terminaisons des axones d’un neurone et le corps cellulaire d’un autre neurone. Ce lieu de passage entre ces deux neurones est ce que l’on appelle l’espace synaptique de 30 nanomètres environ d’où la solution de continuité de l’influx nerveux assurée par les neurotransmetteurs.
Les Neurotransmetteurs : C’est dans cet espace synaptique que les substances chimiques vont accélerer ou ralentir l’influx nerveux voire même le bloquer. On appelle ces substances les neurotransmetteurs ou neuromédiateurs dont l’un des principaux est l’Acétylcholine qui intervient dans les contractions musculaires et le ralentissement du rythme cardiaque(7) ainsi qu'au niveau cérébral sur les rythmes du sommeil, les mécanismes cognitifs.
On a aussi le groupe des monoamines qui comprend : La Noradrénaline responsable de l’élévation du rythme cardiaque, la Dopamine qui intervient dans les contractions volontaires, la Sérotonine qui règle le sommeil et les informations sensorielles.
Ces monoamines sont en partie rendues inactives par la Mono-Amino-Oxydase (MAO) ce qui peut entraîner des manifestations dépressives. On utilise ou plutôt on a utilisé en médecine les fameux IMAO (Inhibiteurs de la Mono-Amino-Oxydase), dans certaines formes d’états dépressifs . Et vu certains troubles présentés par les populations exposées aux CEM on peut se demander si l’action de ces derniers n’est pas semblable aux MAO et ne potentialise pas leurs effets chez certains sujets. Cela pourrait expliquer tous les phénomènes de dysneurotonie et d’état asthéno-dépressif que ressentent les populations exposées.
Le groupe des acides aminés comprend en particulier le "Gamma Amino Butyrique Acid" ou GABA et sa fonction, proche de la MAO, fait baisser le degré d’excitabilité du neurone empêchant la transmision de nombreux messages. Ici encore les CEM peuvent modifier l’action du GABA. (cf rapport COMOBIO-2001)
L’Acide Glutamique joue un effet excitateur du système nerveux ; on peut aussi citer les neuropeptides la substance p et les endorphines.
3) CEM et Calcium
L'influence des CEM sur les mouvements intracellulaires du Calcium ont
tout d'abord été confimés
indépendemment par deux laboratoires (18,9) sur des tissus
cérébraux de poulet. Une tentative
ultérieure de réplication (19) avait
été négative mais certains
paramètres n'avaient pas été
pris en compte, paramètres dont l'importance a
été montrée dans de nombreuses
publications de
Blackman et coll.(20,21,22,23).
De nombreux travaux ont confirmés ces effets des CEM (extrèmement basses fréquences ou radiofréquences pulsées en basses fréquences ou type GSM alors que les radiofréquences continues sont inefficaces) sur les efflux de Calcium (11,12,16,18,24, 25,26,27,28,29,30,31,32,33,34).
Ces effets ont été étudiés sur différents types de cellule de cerveau : de poulet, de chat, de rat, d'humains ou encore de muscle de grenouille; différentes radiofréquences ont également été utilisées : 50, 147, 450, 915 MHz avec différentes modulation d'amplitude jusqu'à 510 Hz (23) donc y compris celle de 217 Hz de la téléphonie mobile ; et c'est surtout la notion de fenêtre qui a été explorée (11,16,18,26,21,23,27,31) : une action ne sera montrée qu'à une dose assez précise (une fenêtre c'est à dire un intervalle de dose) alors que à dose moins ou plus puissante l'effet sera négatif et réciproquement pour d'autres fenêtres. De même le temps d'exposition intervient, il est ici compris entre 20 minutes et une heure.
Certaines équipes ne trouvent pas d'effets, les temps d'exposition utilisés vont de 500 secondes(35), 5 minutes (36), 10 minutes (37) ou 20 minutes (38,39).
Il est donc important de se demander si les variations observées font partie du niveau physiologique ou s'il y a altération des fonctions cellulaires. Il faut noter que le signal donné par les modifications de la concentration intracellulaire en ion calcium dépend de l'amplitude (le taux maximum) mais également sa durée, son origine (membranaire, cytoplasmique ou nucléaire) ainsi que les oscillations éventuelles (la fréquence de ces oscillations). De plus le taux significatif n'est pas un facteur de 100 à 1000 comme cela a parfois été dit mais apparait au minimum dès un facteur 2 ou même moins (43) que ce soit chez les plantes (40,41) ou les cellules animales (42), c'est à dire de l'ordre du facteur trouvé lors des expériences sous l'influence des CEM, pour lesquels il y a donc bien altération des fonctions cellulaires.
es doses minimum ayant entrainé ces modifications ont bien sûr leur importance même si les mécanismes cellulaires (l'importance de la durée du signal calcique indépendemment de son amplitude) montrent que le temps d'exposition est un élément très important. Ces doses (qui n'excluent pas la possibilité de doses actives encore plus faibles du fait de la notion de fenêtre) sont de 0.0005 W/kg pour Blackman et coll.(9,27) ainsi que Bawin et coll.(18) ; 0.005 W/kg pour Dutta et coll.(16); 0.0003 W/kg pour Schwartz et coll.(11).
La dose minimum d'action de 0.0005 W/kg a donc été confirmée par plusieurs laboratoire indépendants. 4) Rôle de la membrane cellulaire dans la détection des champs EM : Pour qu’il puisse y avoir un influx nerveux il faut une différence de potentiel entre l’interieur et l’extérieur de la membrane. Au repos l’intérieur de la membrane est négatif et l’extérieur positif créant le phénomène de polarisation-dépolarisation. Selon Ross Adey le site d’action des champs est cette membrane cellulaire ; les chaînons de protéines agissent comme détecteurs de messages électriques et chimiques arrivant à la surface des cellules, les traduisent et les transmettent à l’intérieur des cellules. D'autres auteurs précisent même un lieu d'action comme étant situé au niveau des microtubules. Les ions calcium (Ca++) jouent un rôle important à chaque étape de cette signalisation transmembranaire et ont été utilisés comme marqueurs des interactions des champs électriques (1,2,3,10,12,13,16) avec quantité de tissus et de cultures cellulaires. Les études concernant la fuite du calcium (efflux calcique)(voir ci-dessus), d’abord dans les tissus cérébraux, ont révélé des sensibilités aux champs d’extrêmement basses fréquences et aux champs de fréquences radio modulées en ELF (Extrêmement basse fréquence). Ces réponses obéissent à un effet fenêtre en ce qui concerne l’amplitude du champ ou la fréquence du champ ou la modulation. Des études récentes concernant la fuite du calcium ont confirmé le rôle clé du calcium. En effet ce sont les ions positifs qui maintiennent la perméabilité membranaire dont les phospholipides sont négatifs. S’il y a une activation par les ELF, les ions K remplacent les ions Ca dans la membrane, mais les ions K sont moins chargés que les ions Ca et la membrane devient perméable à de nombreux ions. Si par contre les ELF sont à la fréquence de résonance des ions Ca++ la membrane est imperméable et de ce fait la cellule voit son métabolisme ralenti..(1,11,12)
4) Discussion
a) L’activité métabolique cellulaire
est nourrie par l’ATP dont la défaillance implique
l’enzyme
en relation avec la membrane cellulaire
l’adénylate cyclase : celle ci est sensible aux
CEM à basse
fréquence, entre autre ceux émis par les
portables du système GSM.
b) les enzymes messagères (protéine kinase) activées par ces signaux en relation avec la membrane cellulaire, diffusent des signaux vers de multiples structures y compris dans le noyau. Leur activité est modulée par les champs électromagnétiques à basses fréquences(11) ou par les champs de fréquence radio modulés par les ELF(12)
c) la croissance des cellules et la synthèse de l’ADN (Acide DesoxyriboNucléique) impliquent l’enzyme ornithine décarboxylase qui synthétise les polyamines à partir de l’ornithine, les polyamines, semblables à des serpentins, ont le rapport "charge/masse" le plus élevé de toutes les bio-molécules. Dans les noyaux cellulaires les polyamines sont essentielles dans la synthèse de l’ADN.Ces polyamines par suite de réactions complexes peuvent participer à une cascade d’évènements conduisant à la communication entre les produits oncogènes liés à la membrane cellulaire et à des produits oncogènes du noyau(15,17).
d) Ainsi les ions Ca joueraient le rôle de points d’ancrage privilégiés pour les ondes de téléphonie mobile, puisque les fibres nerveuses répondent aux signaux électriques en fonction de la concentration en ions Ca. Une première intervention des Ions Ca dans les troubles liés aux hyperfréquences pulsées semble porter sur les neuromédiateurs dont le mode d’action est post-synaptique. Il est donc possible que cet accrochage des ions Ca sur les CEM, la résonance sur les fréquences porteuses, les possibles résonances sur les BF dès lors que des structures de très grande masse (ADN) se trouvent entraînées, fassent de ce phénomène l’une des causes de beaucoup d’effets biologiques(11,12,13). Les CEM agissent sur les ions Ca , sur la membrane et sur les canaux d’Ions(14).
5) Conclusion
Il est donc indéniable que les ELF et les
radiofréquences pulsées modulées en
basses fréquences, ont
une influence sur la cellule par l'intermédiaire du Calcium
et de la membrane cellulaire ; que ces
actions sont au-delà du 'bruit physiologique' et qu'elles
apparaissent à une dose très faible qui
est au minimum de 0.0005 W/kg, largement en-dessous des limites
d'exposition de la population.
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