Introduction
Avec une méthodologie originale,
élaborée en 1951, Piccardi que
l'étrange non-reproductibilité des
expériences, n'était pas à
considérer comme résultant d'erreurs
expérimentales, mais comme des séries
chronologiques d'observation de phénomènes
fluctuants,
en relation avec les mouvements de la terre et les variations de
l'activité solaire.
Ces tests chimiques de Piccardi ont permis
de prouver, à la suite de séries de recherches
coordonnées, de plus ou moins longue durée,
que les facteurs perturbateurs étaient bien d'origine
extérieure au système, mais de même
nature que ceux utilisés, de manière
contrôlée,
pour des traitements physiques de l'eau soit : des champs
électriques, magnétiques,
électromagnétiques de faible énergie,
et des radiations
ionisantes, tous facteurs existant aussi naturellement ou
artificiellement dans notre environnement, et y fluctuant de
manière habituellement
non-contrôlée dans nos laboratoires.
Leurs effets sur des processus physico-chimiques ou biologiques
instables ont pu être attribués à leur
action sur la structure
complexe de l'eau elle-même, ou sur sa radiolyse(1)
primaire, avec leurs conséquences sur de sprocessus
irréversibles impliquant notamment
l'état colloïdal en milieu acqueux.
Piccardi concluait déjà en 1968, que ce qu'on appelle "l'effet Piccardi" pouvait être caractérisé par une loi générale : "des systèmes hétérogènes hors d'équilibre, s'ils sont suffisamment complexes, répondent à tout signal extérieur, même de très faible niveau énergétique. En général, des colloïdes inorganiques en évolution, sont assez complexes pour présenter cette propriété, et à fortiori, des colloïdes dans les organismes vivants".
Pour de tels systèmes, la reproductibilité est un mythe, et il n'y a aucun moyen de les isoler complètement du reste de l'univers : ils se comportent tous, thermodynamiquement, comme des systèmes ouverts.
La méthodologie appropriée dans la recherche expérimentale exige de prendre le temps en considération comme une coordonnée irréversible, liée aux conditions de l'espace environnant.
1. Des questions fondamentales soulevées
par des problèmes techniques
Des tests de laboratoire manquaient parfois de la
reproductibilité normalement escomptée dans des
conditions traditionnellement
considérées comme identiques, à part
le traitement, pour comparer les effets de l'eau non
traitée, avec même des périodes de
résultats
significativement opposés.
Ce second problème (étrange
variabilité dans les résultats
observés) était un véritable
défi à la reproductibliilté
traditionnellement
exigée dans la recherche expérimentale pour des
tests de laboratoire visant à évaluer
quantitativement les effets d'un quelconque facteur
contrôlé faisant l'objet de l'étude.
2. L'effet Piccardi
La réponse de Piccardi à cette question
particulièrement troublante, fut que des facteurs
extérieurs au système
étudié, de même nature que ceux
utilisés pour les traitements physiques de l'eau pouvaient
agir à notre insu et sans contrôle dans notre
environnement.
Pour tester cette hypothèse de travail, il imagina une méthode cruciale : celle dénommée aujourd'hui "tests chimiques de Piccardi", basée sur une réaction de précipitation par hydrolyse (BiCL3 + H2O = BiOCL + 2 HCL).
Mais quoique Piccardi ait pu revendiquer alors qu'avec "ce nouveau paradigme conceptuel nous pourrions résoudre les problèmes qui avaient conduit l'ancien à une crise(2)" selon les mots de Kuhn (dans son livre sur la "Structure des révolutions scientifiques", 1964,page 152).
Les études de cet "effet Piccardi" en fonction du temps, de la latitude, de l'altitude, des conditions de blindage, et de différents facteurs physiques contrôlés utilisés pour le traitement de l'eau, ont clairement contribué à éclaircir l'origine et la nature des facteurs perturbateurs en jeu et leurs modes d'action : ils incluent aussi bien des radiations non-ionisantes qu'ionisantes provenant de notre environnement proche ou lointain.
Déjà en 1962 ("Les bases chimiques de la climatologie médicale"), Piccardi apportait une réponse possible à la deuxième question fondamentale concernant le mode d'action sur l'eau de champs électriques, magnétiques et électromagnétiques de faible énergie, spécialement dans le domaine des basses fréquences. Il attira l'attention sur la structure particulière de l'eau et les anomalies de ses propriétés physico-chimiques. Il développa l'hypothèse présentée en 1959, d'effets de facteurs physiques de faible énergie sur la structure labile, complexe et quasi-cristalline de l'eau comme une explication cohérente aussi pour les effets possibles de radiations de basse fréquence dans l'environnement.
Cette hypothèse peut également expliquer les effets d'hystérèse, ou "mémoire", conservée par l'eau pendant des heures, ou même plusieurs jours, observée sur les effets d'un traitement physique préalable comme sur les changements de structure connus subis par l'eau et persistant après chauffage ou congélation.
Nous ne pouvons rappelr ici brièvement que quelques exemples et conclusions extraites de l'ensemble de données receuillies, en plus ou moins longues séries d'expériences, par différents chercheurs dans le monde, ayant investigué l'effet Piccardi; d'abord en ce qui concerne les facteurs non-contrôlés de l'environnement apparaissant responsables de phénomènes fluctuants, et ensuite, concernant les séries d'expériences étayant le rôle prédominant de l'eau comme récepteur de ces signaux apportant aux systèmes acqueux une information sur l'environnement.
3. Radiation dans l'environnement responsable de
phénomènes fluctuants
3.1 Le nécessité d'observation à long
terme
...un effet de radiations électromagnétiques
atteignant l'atmosphère de la terre en 8 minutes, avec leurs
conséquences sur la couche
d'ozone et l'ionosphère, tandis que des effets de particules
n'apparaissant qu'après 2 ou 3 jours selon leur
énergie et sont responsables
de perturbations géomagnétiques. Comme
l'état de l'ionosphère et les perturbations
géomagnétiques sont tous deux responsables de
variations
dans la transmission des radiofréquences d'origine
terrestre, des effets directs et indirects peuvent être
impliqués au niveau de la terre,
comme les montées subites d'intensité des
"atmosphériques" (sudden enhancement of "atmospherics" -
impulsions électromagnétiques de basses
fréquences).
Piccardi était particulièrement concerné par les champs électromagnétiques naturels de très basse fréquence (VLF - Very Low Frequency), particulièrement capables d'influencer les systèmes colloïdaux en évolution...
4. L'eau comme récepteur d'information
environnementale
Le fait le plus frappant dans toutes les observations sur des
réactions de précipitations inorganiques
exécutées depuis 1950 pour étudier
l'effet Piccardi est la nature et le faible niveau d'énergie
des facteurs agissant, de manière
contrôlée ou non, sur de tels systèmes
:
champs électriques, magnétiques et
électromagnétiques ou particules, d'origine
artificielle ou naturelle.
Les faibles niveaux d'énergie sont aussi la caractéristique de toutes les formes d'information apportées à un organisme par son environnement, avec souvent des effets considérables sur son comportement.
...Ainsi, leur (Fischer, Piccardi) propre mise en évidence expérimentale des effets de sources contrôlées de champs électriques, magnétiques et électromagnétiques dans la bande de radiofréquence, a contribué à leur conviction que ce qu'on appelle "l'effet Piccardi" de phénomènes fluctuants est produit par des changements dans la structure de l'eau.
D'autres investigations tout-à-fait indépendantes de cet "effet Piccardi" (Fischer 1968, Eichmeier 1969), ont ainsi couvert tout le spectre des ondes électromagnétiques. Leurs résultats, quoique différemment interprétés, confirment les effets, aussi bien des radiations EM ionisantes que non-ionisantes, sur des réactions de précipitation en milieu acqueux.
4.4 Conclusions
...Par des réactions en chaîne et des changements
de structure dans l'eau elle-même, le milieu acqueux semble
capable de transmettre des
effets de radiations ionisantes et non-ionisantes, plus rapidement
à travers ce milieu que la diffusion que la diffusion de
particules
non chargées ou la mobilité d'ions (autres que
ceux de l'eau elle-même, H+ et OH-)
ne pourraient le faire.
Avec une faible énergie du signal d'entrée, comme dans tout processus d'information, l'eau peut ainsi recevoir, transmettre, et même mémoriser, ou amplifier, des effets de conditions physiques toujours variables ayant leur origine dans notre environnement proche ou lointain.
...Les biologistes peuvent-ils nous dire comment les animaux homéothermes ont été amenés à ajuster si exactement leur température autour de 37°C, correspondant à cet état de transition dans la structure de l'eau avec des effets imprévisibles sur la cinétique de processus irréversibles, pouvant ainsi permettre des possibilités accrues pour les réactions d'adaptation ?
Déjà en 1968, Piccardi avait aussi conclu, de toutes ses recherches sur les phénomènes fluctuants, que beaucoup de systèmes chimiques et tous les systèmes biologiques, qui sont des systèmes complexes hétérogènes, loin de l'équilibre, en milieu acqueux, partageaient non seulement la propriété d'être du point de vue thermodynamique des systèmes ouverts échangeants matière et énergie avec leur environnement, mais, du point de vue cynétique, ils partagent aussi la propriété de réagir à tout signal extérieur même de très faible énergie, avec des résultats fluctuants dans le temps(3).
5. Transition vers un nouveau paradigme
"Un changement de paradigme amène les scientifiques
à voir différemment le monde de la recherche dans
laquelle ils sont engagés".
"Ce qui était des canards dans le monde scientifique avant
les révolutions est devenu des lapins après".
(Kuhn, 1964, page 110).
Ce qui était précédemment des erreurs expérimentales et des résultats non significatifs dans certaines expériences de laboratoire, sont devenus pour nous des phénomènes des phénomènes fluctuants, quand ordonnés en fonction du temps. Beaucoup de chercheurs ont affronté comme nous la question d'expériences qui ne pouvaient être répétées en n'importe quel lieu et à n'importe quel moment, avec de srésultats reproductibles pour assurer quantitativement les effets observés.
Avec les séries à long terme des Tests Chimiques de Piccardi, nousavons montré que la nature de l'effet et l'origine de sa variabilité peuvent au moins être investiguées en les observant en fonction du temps comme en chronobiologie. Nous pourrions ainsi devoir revenir à l'observation et au respect des lois de la Nature avec plus de patience et moins de certitude que le physicien ne pensait obtenir, même avec des expériences de laboratoire bien contrôlées dans des "conditions dites constantes".
...il n'y a pas d'enceinte magique pouvant assurer des conditions d'environnement constantes.
Les sources d'énergie artificielles peuvent perturber le ssignaux provenant de notre environnement naturel, proche ou lointain, et induire des effets directs ou indirects, plus spécifiquement peut-être sur la cinétique des séquences complexes de réactions d'adaptation à l'environnement, héritées de toutes les étapes de l'évolution (Capel-Boute 1976).
Des récepteurs spécifiques et de smoyens d'information évidents comme le sont nos cinq sens ont longtemps retenu la plus grande attention en biométéorologie sur les effets de facteurs physiques dans notre environnement proche comme la chaleur, la lumière, le son, l'humidité, le vent et la pression barométrique. Ils prévalent toujours dans la planification des conditions artificielles de climats intérieurs pour le confort de l'homme.
Par contre, les effets d'écran aussi bien que la nécessité de mesures protectrices contrôlées, ou de dispositifs correcteurs, pour des paramètres moins classiques comme les champs électriques, magnétiques ou électromagnétiques, ionisants ou non-ionisants, sont le plus souvent ignorés dans la conception et le choix du site et des matériaux pour l'habitat par exemple, ou la ventilation artificielle.
Notes
(1) Radiolyse : décomposition opérée
sous l'action d'un rayonnement
(2) Ici, le postulat de la reproductibilité
expérimentale, quels que soient le lieu et le moment de
l'expérience.
(3) Des exemples biologiques récents ont encore
montré des effets du rayonnement cosmique sur des
bactéries (Faraone, 1984) et d'impulsions
électromagnétiques ELF (Extremely Low Frequency)
sur l'EEG humain (Dubrov, 1978).