Les champs électromagnétiques trop faibles pour créer l'échauffement du corps ont été associés au cancer et autres maladies depuis les années 1960. Les limites de "sécurité" actuelles sont inadéquates pour protéger les travailleurs et le public contre ses effets.
Le débat actuel sur les risques pour la santé des téléphones mobiles, est la suite du débat sur les risques pour la santé des champs électromagnétiques faibles dans le spectre entier des fréquences qui a commencé dans les années 1950.
La première expérience des effets biologiques des champs électromagnétiques date de la fin du 19ème siècle, quand le scientifique russe Danilevsky a observé les effets des champs radio-fréquences sur une préparation musculaire qui comportait aussi le nerf relié au muscle. Les études atteignirent leur apogée en même temps que le développement du radar entre les années 1930 et 1940, mais prirent fin rapidement avec la seconde guerre mondiale.
L'intérêt pour le sujet a été la découverte que les animaux et les plantes cessaient de se développer et mouraient dans les endroits exposés aux ondes radio au-delà d'un certain minimum de densité de puissance; et aussi des plaintes du personnel des stations radar. Les recherches reprirent dans les années 1950 en Union Soviétique et aux Etats-Unis, ainsi qu'en Pologne, en Italie, et plus tard, en Grande-Bretagne.
Le débat public sur les risques pour la santé des champs électromagnétiques commença aux Etats-Unis. En 1973, le biologiste Robert Becker a été approché par le commandant de la marine Paul Tyler pour travailler dans un groupe d'experts, afin d'évaluer les résultats des expériences que la marine avait faites. Elles concernaient un groupe d'antennes que la marine prévoyait de construire dans le nord de l'état du Wisconsin, qui impliquait des grilles de fils qui devaient recouvrir des milliers de miles carrés de terre. Elles étaient utilisées pour communiquer avec les sous-marins en plongée.
A cause de la grande taille du système d'antennes, et des craintes que les radiations électromagnétiques émises puissent avoir un impact sur la santé et l'environnement, le congrès a mandaté la marine pour mener les études.
L'académie des sciences de New York a organisé une conférence intitulée "mécanismes de croissance contrôlés électriquement dans les systèmes vivants", et Becker a présenté un brillant rapport qui résumait son travail, lequel révélait comment les champs électriques et les courants produits par le corps contrôlaient la croissance et la régénération.
Mais Becker était inquiet des effets indésirables et nocifs qui pouvaient provenir de l'exposition à des champs électromagnétiques externes, qui étaient souvent d'ordres de magnitude plus forts que les champs à l'intérieur d'un corps vivant. Il en parla à un étudiant diplômé, Andrew Marino pour qu'il effectue quelques études sur des souris et des rats.
Marino a, en fait, trouvé que les animaux exposés à des radiations électromagnétiques non-ionisantes, souffraient d'effets défavorables, pendant que l'on demandait à Becker de revoir les études que la marine avait fait.
Il y eut sept scientifiques qui étudièrent plus de 30 études. Environ deux tiers des études trouvèrent des effets biologiques dus à l'exposition à des radiations électromagnétiques non-ionisantes; et elles recouvraient une grande variété d'espèces, telles que des moules de vase, des rats, des oiseaux et des humains. Les conclusions du groupe entier étaient que l'antenne proposée avait un risque potentiel sur la santé humaine, et elles proposaient une longue liste de recommandations et d'études ultérieures.
Au milieu des délibérations, quelqu'un fit remarquer que l'antenne proposée par la marine produisait des radiations électromagnétiques non-ionisantes similaires à celles produites par des lignes électriques de haute tension, et que dans ces grandes lignes transportant 765'000 Volts, la force des radiations électromagnétiques non-ionisantes pouvait être un million de fois plus importantes. Cela plongea le groupe dans un désarroi. Les discussions devinrent plus animées, mais les scientifiques admirent qu'ils devaient recommander l'action suivante : la marine devait, par l'entremise d'un comité spécial, informer le président que beaucoup d'américains couraient un risque provenant des radiations électromagnétiques non-ionisantes générées par les lignes électriques à haute tension.
Marino qui raconta son histoire dans un livre publié des années plus tard, n'avait aucune idée que lui, et son supérieur, feraient partie d'une des plus solitaire et mordante bataille contre le complexe militaro-industriel, et que des personnes importantes de l'establishment scientifique jouèrent un rôle-clé dans sa victimisation ainsi que dans celle de son supérieur. Quand cela arriva, Becker perdit tout crédit, et dut fermer son laboratoire à Syracuse, dans l'état de New York, après vingt ans de recherches pionnières sur les bases électromagnétiques des organismes vivants.