Le Parisien 09/02/2008
A L'AUTOMNE dernier, une cinquantaine de bibliothécaires
parisiens souffrent soudain de migraines, de vertiges,
de malaises... Pour eux, aucun doute : les bornes wi-fi sont les
responsables de tous leurs maux. Devant leur inquiétude,
et leur forte mobilisation, la mairie de Paris
préfère débrancher ces bornes.
Partout, l'inquiétude monte. Dans Paris,
comme dans toutes les grandes villes françaises, le wi-fi -
cette technologie sans fil révolutionnaire qui permet de se
connecter à Internet de partout, dans la rue, dans les
cafés, les parcs, le parvis de Beaubourg... - a
tissé à vitesse
grand V un océan d'ondes invisibles autour de nous. Sans que
personne ne s'en méfie puisque la puissance
d'émission des
ondes wi-fi est 2,5 fois moins importante qu'un
téléphone portable et ne permet pas, selon
l'Agence française de sécurité
sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), « de
conclure à l'existence d'un risque particulier
éventuel ».
Certains pays européens ont déjà pris les devants. En Angleterre, des écoles ont été débranchées à la suite de plaintes de parents ; en Allemagne, les installations sont déconseillées dans les bibliothèques et les écoles, comme en Autriche, qui a retiré les bornes dans les écoles ; au Canada, deux grandes universités ont remplacé les bornes wi-fi par des liaisons câblées et, en Belgique, on a abaissé les seuils des champs électromagnétiques.
Une étude plutôt
inquiétante
De la prévention pure et dure puisqu'il n'existe pas
d'étude d'impact sanitaire. « Il y a
néanmoins cette étude récente
de l'université de Chicago qui montre une modification des
gènes à partir de deux heures d'exposition aux
ondes, ce qui
n'est guère rassurant », commente Jeannine Le
Calvez, la présidente de l'association Priartem. En
attendant d'en savoir
plus, les associations préconisent de privilégier
les liaisons filaires (le câble) chaque fois que c'est
possible et de
toujours éteindre sa « box » quand on ne
l'utilise pas. Sachant que si votre voisin utilise la sienne, les
ondes, qui
traversent les murs, passent par chez vous !
Laure Pelé, RobinDesToits