LES COMPAGNIES D'ASSURANCES ET LES POLLUTIONS ELECTROMAGNETIQUES, mars 2004

Manifestement, il y a un certain nombre d'événements qui échappent à la prise de conscience des citoyens et de la plupart des politiques, même lorsqu'ils sont des professionnels des questions de Droit.

Sous la pression des compagnies de réassurance, les assurances professionnelles et industrielles en responsabilité civile ont assorti leurs polices de clauses d'exclusions qui devraient faire réfléchir le citoyen moyen et les politiques qui nous gouvernent.

Voici quelles sont ces clauses :

Ceci signifie-t-il que désormais les compagnies d'assurances ne couvrent plus en responsabilité civile, certains risques que pourraient faire courir à l'environnement, à des collectivités et à chaque citoyen,
en particulier :

En réalité, un directeur d'une des plus grandes compagnies d'assurances mondiales a déclaré lors d'un congrès d'experts de cour d'appel auquel je participais en France à titre de conférencier, il y a trois ans, que partout dans le monde, les compagnies d'assurances et de réassurance n'assureront plus désormais que les risques imprévisibles.
Il fallait clairement comprendre par-là que les risques collectifs prévisibles doivent être soumis à l'application légale du Principe de Précaution adapté à chaque risque. Ce sont donc les politiques qui ont mission de légiférer de manière efficace en termes de ce principe de précaution. Le problème de l'amiante connu depuis bien des années (1909 aux USA) n'a pas été pris au sérieux à temps, sous la pression des industriels et les compagnies d'assurances ont senti passer la note (ce n'est pas fini !).

Bien sûr, nous savons que dans le cas de services publics, l'Etat (c'est-à-dire le contribuable) est son propre assureur ; mais aujourd'hui la Commission Européenne a décidé de privatiser les services publics. Nous devons exiger de nos politiques qu'ils nous informent de la manière dont les risques mentionnés ci-dessus sont couverts. Avons-nous la garantie absolue que certaines sociétés manipulant des sources radioactives, que certaines sociétés productrices d'électricité, que certains opérateurs de téléphonie mobile et que certains producteurs d'organismes génétiquement modifiés ne "roulent" pas sans assurance de couverture en responsabilité civile ?

Force est de constater que la protection du public reste très timide de la part des politiques (pesticides, additifs alimentaires, pollutions des eaux...). Dans leurs discours apparaissent surtout des préoccupations économiques à court terme et l'opinion des industriels en matière de productivité prédomine à travers les débats politiques. Ceux qui se sont fait élire pour nous gouverner ne perçoivent les choses qu'à échéance très courte et ils préfèrent laisser aux générations qui suivront le montant de l'addition en matière d'environnement et de santé publique. Cette addition sera certainement un gouffre sans fond. Les compagnies d'assurances ne sont pas dupes et elles refusent de devoir assumer à court ou à long terme des risques que personne ne daigne prendre au sérieux. Leurs bureaux d'études privés (qu'elles ont les moyens de financer) ont bien étudié ces questions sur le plan scientifique et en ont évalué le coût à l'aune de l'inconscience de la plupart des politiques !


Référence :
[1] Jean-Marie DANZE, licencié ès sciences chimiques à l'Université de Liège,
ex-assistant à l'Institut de Pharmacie Universitaire de Liège,
Consultant en Biophysique