LE PORTABLE, GADGET DE DESTRUCTION MASSIVE (extraits)
On croyait tout savoir sur les nuisances du téléphone portable. On était loin du compte. A l’échelle planétaire (trafic de déchets électroniques, massacres de populations et d’espèces menacées...), nationale (surveillance électronique, destruction de paysages, bombardement publicitaire...), locale (destruction du Grésivaudan, pollution, pillage des ressources et des fonds publics...) et individuelle (addiction au gadget, effet "bulle", autisme social...), découvrons le fléau universel qu’est le portable.
POURQUOI FAIRE ? DES TELEPHONES PORTABLES
Ne souriez pas. Si vous trouvez dérisoire le résultat de ces sacrifices, gaspillages et destructions, c’est que vous n’entendez rien à la réalité économique. Le téléphone portable, c’est une innovation, et comme l’a expliqué Michel Destot, maire de Grenoble, avec l’innovation "apparaît le développement des activités économiques qui génère lui-même des emplois pour l’ensemble de nos concitoyens. Il y a là une véritable mine d’or, prenons-en conscience."
Le téléphone portable génère bien d’autres choses que des emplois et de l’or. Non seulement il accélère la destruction de la planète, mais il contribue à la technification totale du monde.
IL N'Y A PLUS DE GORILLE AU NUMERO DEMANDE
Le téléphone portable est un concentré
de nuisances. D’abord à cause de sa puce. Eric D.
Williams,
chercheur à l’université des Nations
Unies à Tokyo, a mesuré les
éléments nécessaires à la
fabrication
d’une puce de 2 grammes. Résultat : 1,7 kg
d’énergie fossile, 1 m3 d’azote, 72 g de
produits chimiques
et 32 l. d’eau. Par comparaison, il faut 1,5 tonne
d’énergie fossile pour construire une voiture de
750 kg. Soit un ratio de 2 pour 1, alors qu’il est de 630
pour 1 pour la puce.
A Crolles, l’usine à puces de l’Alliance STMicroelectronics/Freescale/Philips engloutit 700 m3 d’eau par heure, et soumet les pouvoirs publics à ses exigences : 150 000 € d’amende par heure à payer à l’entreprise en cas de défaillance dans la fourniture d’eau, et obligation de doubler prochainement les conduites d’adduction. Si l’Alliance a choisi le Grésivaudan, c’est aussi pour piller ses ressources en eau pure - y compris en période de sécheresse et de canicule. Crolles II, site Seveso, consomme des produits toxiques comme la phosphine (hydrogène phosphoré), le thilane ou l’arsine (hydrogène et arsenic) : "des gaz de combats", se vantait un salarié de ST lors d’une visite publique. Les produits chimiques sont stockés à des kilomètres du site, notamment à Lancey, et circulent chaque jour dans des camions qui traversent l’agglomération. Officiellement, en 2002 l’Alliance a rejeté dans l’atmosphère 9 tonnes de NOx, 10270 tonnes de CO2, 40 tonnes de COV. C’est déjà énorme. Mais un salarié de l’usine confie, sans vouloir en dire plus, que la teneur en produits polluants des rejets dans l’atmosphère serait faussée par l’utilisation de gaz pulsés. Comment le vérifier ? La direction ne communique pas sur les chiffres.
Ce n’est pas tout. Autour de sa puce, votre téléphone a besoin de coltan, un minerai résistant à la chaleur. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo. Comme les diamants, le coltan a été au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de trois millions de personnes dans sept pays. Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l’école pour aller travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles congolais et à des compagnies minières hors-la-loi par trois sociétés : Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starc en Allemagne, et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu’elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung. Les mines de coltan sont situées sur le territoire des derniers gorilles des plaines, qui sont la cible des mineurs. Au rythme du saccage actuel, les spécialistes estiment à 10 ou 15 ans maximum l’espérance de survie de l’espèce.
Chaque fois que vous passez un coup de fil sur votre portable, vous jouez avec la santé des personnes autour de vous, avec la vie des Congolais et celle des derniers grands singes de la planète.
TELEPHONE JETABLE
...Aux apôtres du "recyclage" censés résoudre le problème, précisons la fin de l’histoire : "Plus de la moitié des ordinateurs "recyclés" (NDR : aux Etats-Unis) sont en réalité expédiés en Chine, où des travailleurs médiocrement payés récupèrent les parties jugées intéressantes des appareils (voir www.ban.org). Mais cela se traduit par une sérieuse pollution, en raison des quantités importantes de plastique et de métaux lourds entrant dans la composition des ordinateurs. Les pièces inutiles sont brûlées, provoquant des émanations toxiques, ou abandonnées dans des décharges où l’eau de ruissellement entraîne les polluants dans les nappes phréatiques. Non loin de Hong Kong, dans la ville de Guiyu, spécialisée dans ce "recyclage" particulier, les enquêteurs ont constaté que l’eau n’était plus potable et devait être acheminée par citernes de villes voisines, tandis que les maladies se multiplieraient du fait de la pollution de l’air."
GRILLADES DE CERVEAU
"Rentabilité oblige, les téléphones
mobiles ont été mis sur le marché sans
que des études préalables
de nuisance aient été faites. Autrement dit, les
utilisateurs sont les cobayes d’une expérience
planétaire dont on ignore encore, faute de recul suffisant,
les conséquences sur la santé." Depuis
ce constat de Science et Vie en avril 1999, scientifiques, industriels
et gouvernements jouent au
ping-pong avec les enquêtes sur la santé des
porteurs de mobiles. L’Organisation mondiale de la
santé
a lancé une étude en 1996, dont on attend les
résultats pour 2005 : oui ou non les portables et les
antennes-relais sont-ils un danger pour la santé ? "Les
champs électromagnétiques
générés par les
antennes des téléphones portables provoquent
indirectement des ruptures dans les brins d’ADN de
cellules humaines et animales. Ils vont même
jusqu’à perturber la synthèse de
certaines protéines.
Tels sont deux des résultats marquants de
l’étude européenne Reflex ,
dévoilée le 8 décembre dernier
par la fondation allemande Verum, basée à Munich.
Financée par l’Union européenne ainsi
que par les
gouvernements suisse et finlandais, elle a mobilisé douze
laboratoires pendant quatre ans. (...) Le
Pr Franz Adlkofer, coordinateur du projet et directeur
exécutif de la fondation Verum, assène
d’ailleurs que l’étude
démontre l’existence "d’un
mécanisme physiopathologique qui pourrait être
à
la base du développement de désordres
fonctionnels ou de maladies chroniques chez l’animal et chez
l’homme". (...) les impacts biologiques observés
sur les cellules sont apparus pour des doses
d’énergie
(...) inférieures au seuil de 2 W/kg actuellement
recommandé par la Commission internationale de
protection contre les rayonnements non ionisants et repris par la
législation française." [13] "(...)
ces ondes électromagnétiques atteignent,
à 2 cm de profondeur, la région la plus
superficielle -mais
aussi la plus sensible- du cerveau : le cortex, ou écorce
cérébrale (...), provoquant une
élévation de
la température du tissu cérébral. "Au
niveau du cortex, cette augmentation est d’environ
1°C", explique
Luc Vershaeve, de l’équipe d’Anne-Marie
Maes, au Vlaamse Instelling voor Technologish Onderzoek, à
Mol
(Belgique). Tout se passe exactement comme dans un four à
micro-ondes, sauf qu’ici c’est le centre
névralgique du corps humain qui subit un
échauffement. "Si l’on
téléphone régulièrement et
pendant
de longues périodes il n’est pas impossible que
l’effet thermique finisse par léser
l’ADN cellulaire
et provoquer des tumeurs cancéreuses" précise Luc
Verschaeve"
LES ONDES NUISIBLES POUR LA VERITE
Pourquoi les cobayes humains ne sont-ils pas informés ?
Parce que le lobby de la téléphonie mobile
ne laisse rien passer, verrouille les résultats
négatifs, enfume les autorités sanitaires,
attaque
en diffamation les citoyens qui expriment leurs inquiétudes.
"D’une façon générale, tous
les
résultats mettant en cause la
téléphonie mobile sont
systématiquement rejetés par les fabricants
de portables. Le Dr Henry Lai qui travaillait sous contrat avec
Wireless Technology Research (WTR)
une société sous la tutelle de fabricants de
téléphones mobiles, s’est vu refuser la
publication
de ses travaux parce qu’ils démentaient le credo
des fabricants. (...) "Ils me demandaient
d’interpréter
différemment mes résultats afin de les rendre
plus favorables à la téléphonie
mobile", s’insurge le
chercheur. La même mésaventure est
arrivée au biologiste américain Ross Adey, qui
effectuait une étude
pour le compte de Motorola (...). Comme le fabricant refusait
d’admettre ses conclusions, à savoir
l’effet nocif des ondes
électromagnétiques sur des animaux de
laboratoire, il a préféré
arrêter sa
collaboration scientifique. "Tout se passe comme autrefois avec les
fabricants de cigarettes, qui
refusait de réveler toutes les études montrant
les dangers du tabac" proteste Henry Lai."
En France, quatre chercheurs du Comité scientifique sur les champs électromagnétiques ont publié en février 2004 leur livre blanc des incidences de la téléphonie mobile et des antennes relais sur votre santé : "Votre GSM, votre santé : on vous ment !" [17]. Ces scientifiques, en pointe dans le domaine, avaient été écartés du groupe d’experts consultés par l’AFSSE (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement) en 2003. Leur livre résume ce que les autorités françaises n’ont pas voulu entendre : "Cette publication a été rendue nécessaire en raison des nombreux troubles observés chez les riverains des stations-relais de téléphonie mobile (dont l’installation en France a été particulièrement anarchique) et chez les utilisateurs de téléphones portables. Sont passés en revue les travaux scientifiques mondiaux relatifs à l’exposition des êtres vivants aux ondes de la téléphonie mobile. On peut y constater des effets particulièrement nocifs sur le système nerveux et le métabolisme cellulaire. Les publications officielles françaises, destinées à permettre le développement technologique sans entrave, y sont examinées et critiquées. Les études épidémiologiques menées un peu partout dans le monde révèlent clairement l’étiologie des nombreux malaises ressentis par les utilisateurs de téléphones portables et les riverains d’antennes relais (insomnies, troubles cardiaques, hypertension, céphalées...) ainsi que l’existence possible d’un lien entre cette exposition et des pathologies lourdes telles des maladies neurodégénératives, certaines formes de cancer..."
FILEZ DROIT VOUS ETES TRACES
Derrière le joujou high-tech se cache un super-traceur
d’individus, exact opposé de la liberté
promise
par les vendeurs de portables et du "nomadisme" frelaté
vanté par le faisan Attali. Quelle est cette
liberté qui nous attache à une laisse
électronique, à un objet dont la
présence dans notre poche suffit
à nous localiser partout ? En France 35 000 antennes-relais
maillent le territoire et enregistrent les
signaux émis par les GSM, tandis que les factures
détaillées des opérateurs
reconstituent l’intégralité
de nos appels. Preuve de la fiabilité du système
: "Le portable en dit tant sur la localisation et les
fréquentations des suspects qu’il est devenu un
outil indispensable pour la police (...) Qu’il
s’agisse
de déterminer un emploi du temps, un itinéraire
ou un réseau de relations, l’étude des
appels
téléphoniques fixes et mobiles est devenue "un
recours quasi systématique", selon un magistrat." Pas
besoin d’être un criminel pour être
cyber-fliqué. Les journalistes de l’Equipe
l’ont compris quand une
juge s’intéressant à leurs sources -
que la loi leur permet de protéger - a fait appel
à la technologie.
"Tout ce que vous allez dire au téléphone pourra
être retenu contre vous. Tel est le message que la
Justice vient de délivrer à la presse (...). Il
suffit que la police le demande pour que les opérateurs
fournissent la liste des appels reçus et envoyés
pendant une période donnée. Si les textes
(NDR : législatifs) permettent aux journalistes de garder le
silence, rien n’empêche de faire parler
la technologie à leur place. C’est ce
qu’on appelle une avancée pour la
liberté de la presse."
La traçabilité du cheptel humain est un des marchés d’avenir pour l’industrie électronique. Puces, RFID (système d’identification à distance par radio-fréquence), implants sous-cutanés, données biométriques : la technologie permet de nous suivre, nous identifier, nous ficher, nous contrôler. Il faut juste nous faire accepter cette nouvelle condition d’hommes soumis. Le téléphone portable et ses gadgets ludiques sont parfaits pour ça. Ils nous conditionnent à l’idée d’être tracés, et nous préparent à la domestication totale. Les industriels qui ne s’embarrassent pas de fioritures l’ont expliqué dans un programme d’action publié en 2004 par le GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) : "La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes : • Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants. • Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo • Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet..."
Vous avez gobé le portable ? Vous avalerez les contrôles biométriques. Si nous voulons vraiment préserver ce qui reste de notre environnement, nous affranchir de la marchandise, briser les paillasses de ce monde-laboratoire, résister au techno-contrôle : refusons le téléphone portable.